Twitter et sa lune de miel face à l’innovation

Le retour de Jack Dorsey à la tête de Twitter sera-t-elle à l’image du moment où Steve Jobs était revenu à la tête de Apple? C’est selon mais Twitter n’est pas Apple et la réorganisation actuelle des différents réseaux sociaux mène à une saturation avec des réseaux qui cherchent à adopter des fonctionnalités à l’image de Facebook.

Le fait d’avoir baigné dans le monde informatique lors de mon adolescence au point de lancer des petits projets me permettait de dire il y a quelques années que le modèle d’affaires de Twitter ne pouvait être viable dans son style comme on le connait, bien que le nombre d’utilisateurs soit phénoménal et que les réserves financières soient disponibles. Ce qui m’a d’ailleurs poussé à mettre plus d’emphase sur l’utilisation de Facebook. Mais, les utilisateurs Twitter ont pu évidemment surfer sur la vague et tirer leur épingle du jeu.

Oui, on peut ne pas croire un jour à la disparition de si grands réseaux sociaux, mais qui pouvait dire à l’époque que Irc, ICQ, MSN (alors que Microsoft avait toutes les réserves financières pour sauver son service de messagerie et innover), Hi5, Myspace et compagnie se suivraient les uns les autres vers le monde de l’inconnu ou de l’oubli ? Qui aurait cru que Google ne réussirait pas à faire lever son réseau Google+ face à Facebook?

Non seulement le modèle d’affaires de Facebook était viable, mais l’approche marketing, le timing au rendez-vous et la vague sur laquelle Facebook a su naviguer et innover au début l’ont aidé à accrocher ses utilisateurs. Facebook mettait l’emphase sur l’expérience de l’usager, sur ce que l’on appelle en d’autres termes « l’expérience client » en affaires.

Quant à Twitter, il est vrai que le réseau a permis de mettre la diffusion de l’information et la partage des opinions en 2e vitesse, mais une limite imposée en terme de caractères pouvait faire perdre la valeur ajoutée que les individus recherchent en terme de contenu. Ce qui a poussé plusieurs, on s’en souviendra, à prendre des captures d’écran pour les poster sur leur compte vu la limite. Également, pour que la performance d’un compte Twitter atteigne son plein potentiel, il fallait l’utiliser à son maximum, soit des tweets fréquents et un suivi continuel des partages de l’information. Le manque de contrôle sur l’interprétation du message communiqué sans oublier l’intention des individus derrière les millions de comptes a mené à de nombreux abus verbaux entre ses utilisateurs.

D’autant plus, le réseau n’a su innover de façon à le démarquer depuis le tout début, ce qui le place dans ce que l’on appelle l’usure qui frappe dans tous les domaines et qui a d’ailleurs emporté Irc, ICQ et MSN Messenger de ce monde. Pour le moment, les changements majeurs au conseil d’administration et la fluctuation de son titre en bourse ne sont pas de bons signes…mais, espérons que ce ne sera que passager, on verra, dépendamment de la capacité du réseau à innover.

Sachant que trois ans sont généralement accordés au point de passage d’une entreprise et dix ans à l’usure d’une idée, l’innovation s’avère alors une importante nécessité à défaut de quoi la place est comblée par la première nouvelle idée qui apparait sur le marché.

En attendant, je demeure disponible sur Facebook, LinkedIn, Whatsapp, et depuis quelques semaines Instagram, mais toujours pas sur Twitter…en attendant impatiemment de voir l’innovation qui permettra à ce réseau de garder sa place dans la cour des grands du web ou de la céder à une toute nouvelle idée sur le marché. La prochaine année lui sera déterminante dans ce marché de plus en plus concurrentielle, notamment avec une migration de nombreuses personnes vers un nouveau joueur, Snapchat.

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