Depuis des siècles, la justice a toujours été une notion relative en fonction des perceptions. La justice est si désirée, mais chacun la veut à sa manière. Liberté pour les uns, vengeance pour les autres, dignité ou principes pour certains, intérêts pour les autres. Chercher la justice, coûte que coûte, a toujours été un carburant dans le cheminement de tout État, toute organisation ou tout individu.
Le droit étant en constante évolution, la justice d’hier n’est pas celle d’aujourd’hui et celle de demain ne sera fort probablement pas celle que l’on connaît de nos jours. D’autant plus que la justice est toujours matière à interprétation, imposant parfois aux individus leurs comportements, ou encore soumise aux intérêts de certains êtres humains. Le temps lui a donné plusieurs images, les sociétés lui ont donné différentes définitions. Guidée par la pensée et les lois chez certains, obtenue par la révolution chez d’autres ou encore tranchée par de tierces parties au coup du marteau, la justice n’a point d’identité propre.
La loi n’étant point infaillible étant crée par l’humain pour l’humain, la justice serait-elle prise en otage derrière des procédures où la balle juridique s’élance entre deux joueurs contestant un même point de droit à double sens ? Serait-elle un jonglement entre les mains de juges solidement ancrés dans de profondes connaissances où la dissidence ou le renversement dans les plus hautes instances viennent nous montrer que le droit se joue sur le terrain des nuances ?
Quoi qu’il en soit, le règlement des litiges par le biais de tierces pensées s’est établie comme une nécessité pour favoriser l’avancement pacifique de toute société, peu importe l’issue des causes. Cette lourde responsabilité de rendre justice, qui pèse dans la balance des probabilités ou encore dans le doute raisonnable, impose aux juges un travail de conscience et de compétences hautement respectable, surtout lorsque l’on sait que ce qui sera juste pour les uns concluera dans une perception d’injustice pour d’autres. Cela pèse lourd dans la balance de la conscience humaine.
Que dire dans une société où les premières impressions sont primordiales ? Dans un monde où ces impressions sont souvent dictées par des perceptions individuelles, parfois collectives ? Dans un milieu qui a fait son chemin dans le temps contre impressions et perceptions, l’être humain juge-t-il trop vite le système ? Plus spécifiquement, un domaine où la difficulté ne réside pas nécessairement dans l’interprétation de la loi, mais dans le relais entre les notions de droit, de loi et de justice, dans la portée de l’application et de la sanction ?
Et que dire alors d’un monde où, au lieu de chercher à se faire justice dans le cercle vicieux de la haîne, l’être humain plongerait plutôt dans le fond de son âme et de sa réflexion pour en émerger avec le choix de ses batailles, c’est à dire de mettre son énergie, son temps et son argent dans les endroits qui le méritent ? Il y a des gens qui, s’ils prenaient le temps à penser aux choses qui les rendaient heureuses sans perdre leur temps à voir le gazon plus vert chez le voisin, ils s’épanouiraient bien plus dans leur état de bonheur.
Souvent, la voie de la justice se trouve non pas dans une guerre que peuvent se livrer certains égos, mais dans la communication, la réflexion et la compréhension des enjeux, sans influence quelconque d’individus qui, souvent cherchent plus à apprécier la bataille des orgueils que le triomphe des vérités. Plus souvent qu’autrement, les pires conflits éclatent sur une confusion, sur une incompréhension, sur un manque de communication où l’égo prend le dessus alors que l’enjeu pourrait se répartir selon les besoins et les intérêts de chacune des parties.
Prendre le temps de s’asseoir, de réfléchir aux besoins de chacun, de penser à la justice participative et de ne pas tomber dans le jeu de la vengeance entre individus pourrait servir, non seulement à libérer l’accès à la justice pour les causes nécessaires et les gens qui ont le plus besoin d’équité, mais également à épargner temps et argent à un système et à des humains qui autrement, aurait pu mettre leur énergie dans leurs besoins les plus primordiaux. Les porteurs de la toge pourrait ainsi rapidement juger et la justice serait ainsi mieux balancée.