Il y a 25 ans… juin 1991. Il y a 25 ans que l’on mettait notre pied en sol canadien, sur une terre québécoise, dans un appartement montréalais. Il y a 25 ans, c’était une grande famille qui débarquait de l’avion. Immigrants d’hier que nous étions, nous sommes aujourd’hui de fiers canadiens, de fiers québécois, de fiers montréalais. Le Canada nous a tant donné, un État riche de son accueil, de son ouverture et de ses possibilités. Le peuple québécois était si chaleureux et Montréal était si appréciée.
Comme un poisson dans l’eau, je nageais à travers cet océan nouveau mais auquel mes yeux d’enfant s’étaient si rapidement adaptés. À travers les années, de nombreuses belles amitiés se sont développées et de précieux souvenirs se sont accumulés.
C’était encore la période où l’on envoyait des lettres manuscrites et des cassettes enregistrées aux proches pour leur dire qu’ils nous manquaient pendant que l’on imaginait qu’un jour s’il y aurait un moyen de communication audiovisuel qui arriverait. Qui l’aurait cru.
Libanais d’hier sans renier, fier Canadien d’aujourd’hui bien comblé, par le titre de citoyen du monde dont j’aime bien m’identifier. Ce berceau des cultures et des possibilités a été une occasion de voyager entre rêves et réalités. De conseils étudiants à concours, à projets d’entreprises, à emplois à profession, en passant par bénévolat et nombreuses implications, toutes les portes étaient ouvertes. Il n’y avait point de distinction et Youssef n’a point été un obstacle. La clé était une forte détermination et une grande volonté. Une société d’accueil dont j’ai fait mon chez moi, ma famille.
La beauté du Canada, c’est la chrétienne qui m’a formé, c’est le musulman qui m’a encouragé, c’est le juif qui m’a conseillé. La beauté du Canada, c’est le médecin juif qui a opéré mon père, c’est le docteur musulman qui s’est occupé de mon amie chrétienne, c’est le médecin chrétien qui suit mes êtres chers. La beauté du Canada, c’est mes amis québécois et espagnols du primaire où le « comment qui va » passait au « como estas » pendant que ma langue maternelle disait « kifak ». La beauté du Canada, c’est mes amis italiens et haïtiens du secondaire avec qui je pouvais passer de « come stai » à « sak pasé », c’est mes amis arabes, indiens et sri lankais du collège et c’est mes amis québécois pure laine de l’université avec qui j’étais rendu tricotté serré.
Le Canada, c’était un grand voyage dans le monde.
Ah, puis je regardais au stade les Expos tout comme veillé tard pour voir les Canadiens gagner la dernière coupe Stanley. J’ai connu Céline tout comme j’ai chanté Pelchat et étudié sur Félix Leclerc. J’ai apprécié Percé autant que Charlevoix. J’ai approché Niagara et tant visité Ottawa. J’ai salué les maritimes tout comme le Saguenay-Lac-St-Jean. Et je me suis amusé à la St-Jean tout comme à la fête du Canada.
J’ai vécu le référendum et j’ai vu La fin du monde est à 7h. J’ai regardé les Ziggotos, passant par la rue Tabaga tout comme Vazimolo. J’ai couru acheter les bonbons à 0.01$ pour ensuite essayer parmi les premiers la fameuse Sloche. J’ai été ébloui par le Cirque du soleil et la présence de Jean-Coutu, j’ai connu la montée de Bombardier tout comme la descente de Nortel. J’ai vu le départ de Eaton, Distribution aux consommateurs, Woolco et Steinberg tout comme l’arrivée de RDI et LCN. J’ai aussi connu Heritage et ses sacs à 0.05$ pendant que l’initiative n’avait encore rien d’une mode ou de cause.
Je sortais dehors dans la rue pour jouer au hockey, au soccer et au baseball, non pas à l’intérieur sur un écran virtuel. Oh tant de claxons et de balles perdues, mais on socialisait tant et on s’amusait.
Et je me souviens tous les jours de ces mots que j’ai prononcé dans le cadre d’un discours au début de mon adolescence : » Qu’est-ce que ça fait si ma peau est rouge, blanche, jaune ou noire, tant que mon coeur est aussi blanc et immaculé que la neige. Notre sang n’est-il pas tous de la même couleur ? » enchaînant sur l’enracinement telle une plante ou un arbre qui est déplacé, mais que rien n’empêche de s’épanouir lorsque ses racines sont bien ancrées dans le sol.
Et à travers défis et avancées, j’ai pu découvrir la grandeur de ce pays qu’est le Canada, un pays où l’épanouissement est possible, où le rêve peut devenir réalité, où les portes s’ouvrent devant la volonté de bâtir, de collaborer et contribuer à la nation pour faire du Canada un pays toujours plus fort, plus respectable et plus prospère.
Vive le Canada, vive le Québec, vive Montréal. Et surtout, une marque de reconnaissance, une petite pause pour dire: Merci pour ces 25 belles années !