(rédigé en 2013 par Youssef Hariri)
Un hommage spécial à un être cher en son 75e anniversaire: mon père.
Je tiens à saluer l’inspiration paternelle, le modèle et l’exemple de l’équilibre entre le courage et la sagesse, entre la confiance et l’humilité, entre la détermination et la justice.
En cette journée, j’offre mes meilleurs voeux de santé et de longévité à celui qui a dû tout sacrifier au plan personnel pour le bonheur et la sécurité de sa famille. Vous savez, nos parents ne l’ont pas eu facile, ils ont tout sacrifié pour assurer notre propre éducation et épanouissement. Tel un enfant qui est né et dont les parents habillent, ainsi est la vraie vie…elle ne vient pas en veston cravatte et n’habite pas dans une tour d’ivoire. Elle est habillée à travers expériences et sueur, elle est bâtie à travers vents et marées. C’est ainsi qu’il nous a montré la force de l’amour comme épée et le progrès de la sagesse comme bouclier.
C’est ainsi qu’il nous a montré le chemin du respect tout en nous mettant sur l’autoroute de la maturité. Je l’ai regardé et je l’ai observé, je l’ai vu à l’extérieur dans toute sa fermeté remplie de raison et de sagesse, et j’ai pu le voir à l’intérieur de la famille à travers son coeur et sa tendresse. Il m’a ainsi appris la raison et la sagesse de la vie tout en m’apprenant l’amour et le respect de la femme et de la famille.
Je l’ai vu également m’apprendre l’amour de la société, d’hier à aujourd’hui. De l’où on vient, mais aussi où l’on est. Cette terre d’accueil sur laquelle nous avons débarqué il y a plus de 22 ans, mon père, ma mère et les six enfants. Il nous a appris l’importance de l’éducation, de la justice et de la générosité. L’éducation de soi, la justice sociale et la générosité humaine.
C’est ainsi qu’à travers le temps, il a montré l’importance de grandir en paix avec la nature et ce qui l’entoure, de devenir cet arbre dont la semence nourrit positivement la terre adoptive qui nous accueille et sans que les racines n’empiètent sur l’arbre voisin. C’est ansi qu’il nous a parlé de l’importance à ce que la terre soit épanouie par notre présence, de faire en sorte que les oiseaux perchés sur chacune de nos branches chantent notre présence et que le vent qui nous entoure s’amuse avec nous à la danse harmonieuse de nos feuilles.
Cet homme a également fait part de l’entraide. Dirais-je tel l’abeille qui te demande d’établir sa maison là où elle se doit sur une de tes branches, donnes-y la permission et rappelle toi, c’est peut être elle qui t’a transporté vers une terre plus prospère. Et si la chenille vient manger de tes feuilles, fais preuve de générosité, après tout, tu as bien mangé et tu t’es bien abreuvé des nutriments du sol à ton tour. Il n’arrive pas un jour où tu pourras avoir besoin de quelqu’un tout comme quelqu’un aura besoin de toi. Enfant, n’attends jamais quoi que ce soit en retour. Sois généreux avec la vie et la vie te le rendra d’une manière ou d’une autre. N’oublies pas d’où tu viens car ton voyage était long et la nature que tu as délaissé ne s’en est trouvé que plus dévastée par ton absence. Mais, surtout, rappelles-toi où tu es, ton nouveau chez-toi qui t’a si fièrement accueilli et comment tu peux y contribuer, sois reconnaissant, car ton nouveau voisin et toi, vous faites ce que l’on appelle la forêt. Ensemble, vous bâtissez l’écosystème et, ensemble, vous faites chanter la mélodie de la nature. Enfant, souviens-toi, la terre est grande. As-tu déjà vu un arbre se déraciner pour prendre la place d’un arbre à ses côtés ou empiéter sur les racines de l’autre ? Jamais. L’érable ne partage-t-il pas le sol avec le mélèze ? Et l’arbre qui aujourd’hui, probablement, te fait de l’ombre, rappelle-toi que demain, il pourrait être celui qui te protège des forts vents et de la pluie ou de la force du soleil.
C’est ainsi que j’ai pu comprendre mon cher père. De toujours foncer, de toujours aider et surtout d’être juste.
C’est ainsi que lui et ma mère nous ont appris que l’homme pouvait à la fois se composer d’une tête pour penser, d’un coeur pour aimer et d’un corps pour foncer.
Et, surtout il faut toujours se rappeler le premier jour où tu es venu en ce monde…La vie n’arrive pas habillée en veston cravatte.
Merci cher père pour tout ce que tu a pu me montrer sur la vie directement ou indirectement à ce jour.
Joyeux 75e anniversaire et que Dieu te protège.